La musique thaïlandaise traditionnelle : styles et instruments

Jérémy

Malgré l’influence grandissante des musiques occidentales et de la pop thaïlandaise moderne, la musique traditionnelle conserve une place bien réelle en Thaïlande : elle rythme encore les cérémonies religieuses, les fêtes de village et certains programmes scolaires, où les enfants apprennent le xylophone thaï dès le plus jeune âge.

Une tradition ancienne

Les historiens n’ont jamais pu dater avec exactitude l’apparition de la musique thaïlandaise. Les traces les plus anciennes remontent toutefois à l’âge du bronze, avec des instruments à percussion rudimentaires utilisés bien avant la fondation des royaumes de Sukhothai et d’Ayutthaya. On désigne parfois ces origines très anciennes sous le nom de Mahorathuek, en référence aux tambours de bronze qui accompagnaient déjà les rituels des premières communautés de la région.

Mahorathuek

À l’époque, les instruments servaient surtout à accompagner les cérémonies et les rituels, avec des sonorités qui variaient déjà sensiblement d’une région à l’autre. Avec le temps se sont installées des conventions précises autour de cette musique, notamment sur les occasions où certaines mélodies peuvent ou non être jouées. Ce sont ces règles, transmises oralement de génération en génération au sein des orchestres de cour puis des écoles de musique, qui ont permis à la tradition de traverser les siècles sans se figer complètement.

Les grandes traditions régionales

La musique thaïlandaise se divise en deux grandes familles : la musique classique de cour, née dans le Centre du pays autour de Sukhothai puis d’Ayutthaya et de Bangkok, et les musiques folkloriques régionales, très différentes d’une zone à l’autre :

  • Dans le Nord, la tradition Lanna mêle le salo (vielle à archet), le sueng (luth pincé) et le khlui (flûte en bambou), pour des mélodies légères qui accompagnent le chant khap
  • Dans le Nord-Est (l’Isan), la musique est dominée par le khaen, un orgue à bouche fait de tubes de bambou, associé au phin (luth) et au pong lang (xylophone) ; c’est le berceau du mor lam, un style chanté très populaire encore aujourd’hui, notamment lors de la fête des fusées (Bun Bang Fai) célébrée en mai dans les provinces proches du Mékong
  • Dans le Sud, la musique accompagne le théâtre dansé nora, avec des instruments à vent (pi) et des percussions (tambours thap, gongs) qui suivent au plus près les gestes des danseurs
  • Dans le Centre, la musique classique de cour se décline en trois grands ensembles : le piphat (percussions et instruments à vent), le khruang sai (à dominante de cordes, plus intime) et le mahori, qui combine des instruments des deux précédents et fut longtemps réservé aux musiciennes des cours royales

Les instruments emblématiques

Comme dans beaucoup de traditions musicales asiatiques, la musique thaïlandaise repose largement sur les percussions et les instruments mélodiques à lames ou à gongs. Le ranat ek, un xylophone en bois ou en bambou, et le khong wong lek, un cercle de gongs accordés, forment l’ossature de l’ensemble piphat. Aux côtés de ces instruments, plusieurs cordophones traditionnels restent joués aujourd’hui, notamment le saw duang et le saw sam sai (vielles à archet à deux ou trois cordes), ainsi que le phin dans le Nord-Est et le sueng dans le Nord.

Ces instruments sont fabriqués à partir de bois, de bambou, de peau tannée ou de métal, selon des techniques artisanales encore transmises dans certains ateliers familiaux, notamment autour de Bangkok et de Chiang Mai.

Des exemples en vidéo

Voici quelques exemples de musiques traditionnelles jouées en Thaïlande.

Ces musiques reviennent régulièrement lors des fêtes nationales, comme la fête des fusées (Bun Bang Fai) célébrée en mai dans le Nord-Est.

Crédit: WordPress

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