Moins célèbre et moins touristique que le Wat Phra Kaeo et Wat Pho, le Wat Suthat se situe dans le quartier historique de Phra Nakhon, à deux pas de l’hôtel de ville de Bangkok. C’est l’un des plus anciens temples de la capitale et il compte parmi les six temples royaux du plus haut rang du pays, un statut peu de sanctuaires partagent.
Sa construction débute en 1807 sous le règne du roi Rama Ier, fondateur de la dynastie Chakri, mais le chantier ne s’achève que trente ans plus tard, en 1847, sous le règne du roi Rama III. Cette lenteur de construction, loin d’être un cas isolé pour l’époque, témoigne de l’ampleur du projet architectural et du soin apporté à chaque détail décoratif.
La Balançoire géante, vestige d’un rite disparu
Vous ne pouvez pas le manquer : face à l’entrée principale se dresse la Sao Ching Cha, une balançoire géante composée de deux piliers rouges d’environ 21 mètres de haut, vestige d’un rite brahmanique ancien célébré en l’honneur de Shiva. La structure d’origine, en bois de teck, datait de 1784, mais la cérémonie qui s’y déroulait, où des officiants se balançaient à des hauteurs vertigineuses pour tenter d’attraper avec les dents un sac de pièces d’or suspendu à un mât, fut interdite dans les années 1930 après plusieurs accidents mortels. La structure actuelle, remplacée en 2004 pour des raisons de sécurité et de conservation, reste néanmoins un point de repère emblématique du quartier, visible et accessible gratuitement 24h/24, même en dehors des horaires d’ouverture du temple.
Fresques, boiseries et toits sculptés
Le Wat Suthat est surtout renommé pour ses fresques murales, restaurées à la fin des années 1980, et pour ses panneaux de teck sculptés à la main qui ornent les portes et les fenêtres du grand viharn. Les fresques représentent les 24 vies antérieures du Bouddha (les Jatakas), un cycle narratif classique de l’iconographie bouddhiste thaïlandaise. Admirez également les toits à multiples niveaux du site, caractéristiques de l’architecture religieuse de l’ère Rattanakosin, ainsi que les bas-reliefs qui décorent le cloître entourant le viharn principal.
Après avoir parcouru les 4 hectares du temple, vous trouverez dans le quartier de nombreux magasins vendant des articles religieux : statues, figurines de Bouddha, encens, offrandes et objets destinés aux cérémonies, un commerce qui perdure ici depuis des générations autour de ce haut lieu spirituel de la capitale.
Wat Suthat : informations pratiques
- Tarif d’entrée : 100 bahts pour les visiteurs étrangers (environ 2,50 €), gratuit pour les ressortissants thaïlandais
- Ouvert tous les jours de 8h30 à 21h
- Accessible en métro (MRT, ligne bleue), station Sam Yot, puis quelques minutes à pied
- S’y rendre également en bus : lignes n° 10, 12, 19, 35 ou 42
Le saviez-vous ?
Le Wat Suthat abrite le plus grand viharn de Bangkok, où trône un imposant Bouddha en bronze doré de 8 mètres de haut. Nommé Phra Phutta Sakyamuni (ou Phra Sri Sakyamuni), ce Bouddha provient à l’origine de Sukhothai, l’ancienne capitale du royaume thaïlandais, et reste l’un des Bouddhas les plus vénérés du pays. Fait notable : ses cendres reposent au pied même de la statue, à l’intérieur d’une petite urne.
Le rang de Ratchaworamahawihan, le plus élevé accordé aux temples royaux de Thaïlande, est conféré à ce sanctuaire. Vous pourrez aussi y observer une statue du roi Rama VIII (Ananda Mahidol), dont le règne fut marqué par sa mort prématurée et mystérieuse en 1946 : ses cendres sont conservées dans le socle de la statue du Bouddha principal, un hommage discret qui rappelle le lien étroit entre ce temple et la famille royale thaïlandaise à travers les générations, jusqu’à l’actuel roi Rama X.
